Les Phalaenopsis
(Article extrait de la revue AFCPO N° 26)

Distribution géographique

Les Phalaenopsis sont des plantes originaires d'un large sud-est asiatique s'étendant sur les régions et pays suivants : Assam, Est Himalaya, Birmanie, Iles Andaman, Malaisie, Indonésie, Bornéo, Iles Moluques, Chine du sud, Inde. Les espèces sont soit confinées à des régions limitées, soit répandues. Quelques espèces poussent au niveau de la mer, d'autres dans des contrées plus élevées, mais toujours dans des conditions climatiques régulières. Le seul facteur évoluant en cours d'année étant la pluviométrie, alors que les températures sont stables. En général, les plantes qui poussent à l'ombre sont plus robustes que celles que l'on trouve en pleine lumière ou exposées aux rayons du soleil.
Les Phalaenopsis croissent généralement à faible altitude, à la lisière des forêts ou sur des arbres isolés, dans des localités soumises à l'alternance régulière de la sécheresse et de l'humidité, souvent au bord des rivières ou dans des zones fréquemment inondées. La pluviométrie de ces régions atteint 2000 mm/an. Certaines espèces, peu répandues, se plaisent à des altitudes nettement supérieures, de l'ordre de 1500 m.

Les critères d'un bon choix

En dehors de la couleur ou de la forme de la fleur, il importe de choisir une plante forte, dont les dernières feuilles ne soient pas en régression par rapport aux précédentes, au feuillage sans taches ni piqûres, aux racines saines, fixant bien la plante à son milieu de culture. Une couleur rougeâtre du dessus des feuilles peut signifier que la plante a été exposée à des températures trop basses, par contre la même coloration au dos du feuillage est normale chez de nombreuses variétés. De même, une marmoration du limbe chez certaines plantes est tout à fait normale et n'est pas le symptôme d'une quelconque maladie. S'il est difficile d'estimer l'âge d'une fleur, il faut néanmoins savoir que la bordure parcheminée des sépales et des pétales indique une floraison proche de son terme. L'absence d'un ou plusieurs boutons sur une hampe florale ou une coloration jaunâtre peut laisser penser que la plante a subi un traumatisme préjudiciable à la durée ou à la présentation de la floraison (pollution accidentelle, courant d'air ... ).

Conditions de culture

Luminosité :

La luminosité est un des facteurs importants qui conditionnent la croissance et la floraison des Phalaenopsis. Schématiquement, la végétation est favorisée par une intensité lumineuse plutôt faible, alors que l'importance de la floraison est conditionnée par une luminosité beaucoup plus importante. La littérature conseille habituellement une intensité lumineuse comprise entre 10.000 et 15.000 lux. Néanmoins, avec un mouvement d'air suffisant et une humidité régulière située entre 65 et 70 %, il est possible, avec beaucoup de bénéfice pour la floraison, de porter cet?te intensité à 20/25.000 lux, voire 35.000 si l'on peut maintenir une température acceptable. Le nombre de tiges, de ramifications, de boutons et la dimension des fleurs sont alors nettement en augmentation. Il va de soi qu'il faut également adapter la nutrition à ces conditions " inhabituelles ". Une intensité lumineuse trop faible peut perturber considérablement la floraison, sans pour autant nuire à la végétation de manière irréversible. Sous un éclairage artificiel, composé de néons, on remédie à la faiblesse de l'intensité lumineuse par un grand nombre d'heures d'éclairement. Des jeunes plantes qui sortent de flacons, en croissance, ou des plantes récemment rempotées demandent un éclairage plus faible : à ce moment, 10.000 lux suffisent effectivement pour assurer une croissance régulière. Un excès de lumière peut se traduire par des brûlures sur le feuillage si la température et le mouvement de l'air ne sont pas réglés en conséquence. En appartement, il faut réserver aux Phalaenopsis un emplacement près d'une fenêtre exposée à l'est, au sud ou à l'ouest. L'exposition nord ne permet qu'un apport de lumière par trop insuffisant, qu'il faut compléter par un éclairage artificiel. Les rayons trop ardents du soleil doivent être évités pour ne pas risquer de brûlures.

Température :

Les Phalaenopsis sont habituellement considérés comme des plantes de serre chaude. Néanmoins, certaines variétés sont capables de supporter des températures inhabituellement basses pour ce genre, de l'ordre de 12?13'C, sans que leur croissance ne s'en trouve affectée. On considère comme normales pour des Phalaenopsis une température minimum nocturne de 15?16'C et une température diurne de 26 à 28'C. Le maximum se situe aux alentours de 40 à 45'C, mais la croissance est pratiquement nulle au?dessus de 32'C. Les jeunes plantes voient leur végétation bénéficier d'une température minimum de plus de 20'C. La température, de même que l'intensité lumineuse, joue un rôle prépondérant pour la mise en fleurs de la plante. Mais, contrairement à une idée répandue, ce n'est pas une baisse des températures nocturnes qui induit la floraison. Le phénomène est tout autre. En fait, c'est l'absence de différence de température entre la nuit et le jour, dans des conditions de luminosité adéquates, qui induit cette floraison. Ainsi, un groupe de plantes hybrides, issues de semis, soumises pendant cinq semaines à une température nocturne de 18 à 20'C, à une température diurne inférieure à un optimum de 25'C, et à une intensité lumineuse supérieure à 30.000 lux, réagiront en produisant des hampes florales sans que la végétation n'en pâtisse. Dans un tel groupe, les plantes les plus précoces montrent des signes de floraison moins de 20 jours après le début de l'expérimentation. Suivant les variétés, le taux de succès atteint de 75 à 80%. Beaucoup de plantes produisent deux tiges ou plus en même temps (35 à 40%). Si les Phalaenopsis restent soumis à ces conditions, les hampes florales sont plus fréquemment ramifiées.

Humidité :

Originaires de contrées tropicales humides, les Phalaenopsis sont habitués et ont besoin d'une humidité constante relativement élevée. Un taux variant de 60 à 70 % constitue un niveau tout à fait satisfaisant. Au delà, il faut assurer aux plantes un surcroît de ventilation et éviter la stagnation de l'eau d'arrosage dans les creux du feuillage. Les conditions deviennent beaucoup plus favorables pour le développement de nombreux microorganismes pathogènes. Pour maintenir un tel taux d'humidité, plusieurs méthodes sont applicables, depuis le bassinage régulier des plantes ou l'arrosage des allées et des dessous de tablettes, jusqu'à l'installation d'un matériel sophistiqué produisant un brouillard artificiel. Il apparaît Plus bénéfique d'éviter de mouiller directement le feuillage. Si l'eau utilisée est trop froide, on risque un choc thermique nuisant à la végétation et, dans presque tous les cas, la présence d'eau sur les feuilles favorise l'apparition de maladies. Néanmoins, si seule cette possibilité de maintenir un taux hygrométrique acceptable demeure, il faut penser à utiliser une eau à la température des plantes et dépourvue d'éléments minéraux pouvant laisser des dépôts nuisibles à la photosynthèse. Dans un appartement, la méthode la plus simple pour maintenir une hygrométrie élevée autour d'une plante ou deux consiste à les placer sur des assiettes ou des soucoupes contenant un peu de sable maintenu constamment humide. Une installation un peu plus importante, pouvant convenir pour un nombre plus élevé de plantes, peut être constituée d'un bac bas (type bac à litière) contenant quelques centimètres d'eau, recouvert d'un caillebotis qui reçoit les pots et équipé d'un chauffage d'aquarium capable d'activer l'évaporation de l'eau.

Bernard Lagrelle
Chef de culture aux établissements "Les Orchidées de Michel Vacherot"


Un grand merci à M. Bernard Lagrelle, les ets. Michel Vacherot, ainsi que l'AFCPO pour l'autorisation de publication de cet article.
Pour tout savoir sur les phalaenopsis, visitez le site de B. Lagrelle.

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